06/25/2002

Les adolescentes échouent le test du fer

Des dépliants invitent les filles à consommer 30 % plus de fer que les garçons

Les besoins en fer des jeunes filles sont environ 30 pour cent plus élevés que ceux des jeunes hommes, et pourtant peu d’entre elles réalisent toutes les conséquences d’une carence en fer et 40 pour cent ne consomment pas régulièrement deux très importantes sources de fer, soit la viande rouge et les céréales pour petit déjeuner enrichies en fer.

En mai 2002, Market Facts du Canada a invité les adolescentes âgées de 14 à 18 ans de partout au pays à participer à un sondage en ligne sur le fer dans l’alimentation. Seules 37 pour cent des 621 répondantes ont obtenu la note de passage (50 pour cent de bonnes réponses) et 14 pour cent seulement ont répondu correctement à 10 des 15 principales questions testant leurs connaissances sur le fer. Les résultats obtenus par les 161 jeunes filles du Québec correspondent à la moyenne nationale.

Bien qu’elles étaient nombreuses à connaître le lien qui existe entre la carence en fer et l’anémie, elles l’étaient moins à savoir qu’un bilan négatif en fer peut nuire au fonctionnement du cerveau et réduire l’énergie disponible pour les activités physiques. Selon Laura Pasut, diététiste professionnelle et auteure d’une série de nouveaux livrets pour les consommateurs et portant sur le fer dans l’alimentation, les premiers symptômes d’une carence en fer, soit la fatigue, les maux de tête, l’irritabilité, le manque de souffle et la réduction de la «capacité de travail» peuvent passer inaperçus. En outre, même avant de créer un état d’anémie chez quelqu’un, une carence en fer peut nuire au bon fonctionnement du cerveau.

Dans un document d’information sur le fer dans l'alimentation rédigé à l’intention des professionnels de la santé, Mme Pasut, également présidente de Nutridata Consulting Services, commente une étude dans laquelle les notes en mathématiques obtenues par des enfants et des adolescents de 6 à 16 ans étaient plus faibles chez ceux qui présentaient une carence en fer. Dans une autre étude, on a constaté que regarnir leurs réserves épuisées en fer a permis aux adolescentes d’obtenir de meilleurs résultats dans les tests de mémoire et d’apprentissage verbal.

Tous les aliments ne sont pas égaux

Lors du dévoilement des nouvelles ressources le 31 mai dernier à Montréal, Dr Susan Barr, directrice du programme d’études supérieures en Nutrition humaine de l’Université de la Colombie-Britannique, a rappelé aux diététistes qu’«il n’est pas suffisant de connaître la quantité de fer que contient un aliment. La quantité de fer réellement absorbée dépend de divers facteurs, dont le type d’aliment en question, les autres aliments consommés en même temps et le niveau des réserves en fer de l’individu.»

Dr Barr ajoute que la viande, le poisson, la volaille et les fruits de mer (huîtres et crevettes) contiennent du fer hémique, une forme sous laquelle le fer est plus facilement absorbé. Les viandes contiennent même un composé additionnel qui augmente l’absorption du fer. Les aliments d’origine végétale, par contre, ne contiennent aucun fer hémique et peuvent comporter certains composés, comme les tanins du thé et du café et les phytates des grains, qui nuisent à l’absorption du fer.

Dans le sondage auprès des adolescentes, 42 pour cent ont identifié correctement la viande rouge comme source de fer par excellence; par contre, leur deuxième choix, les épinards, n’est pas une bonne source de fer. En effet, il faut manger deux tasses (500 ml) d’épinards bouillis pour obtenir autant de fer absorbable qu’avec une portion de 90 g de viande rouge.

Même si elles croient au «mythe de Popeye», seules 15 pour cent des jeunes filles mangent des épinards au moins une fois par semaine. Heureusement, la viande rouge dans ses nombreuses formes – hamburgers, tacos, pain de viande et biftecks – est plus populaire auprès des jeunes. Six adolescentes sur dix ont affirmé qu’elles dégustent de la viande rouge au moins deux fois par semaine. Le sondage a aussi fait voler en éclat un autre mythe, soit celui qui veut que de plus en plus de filles s’adonnent au végétarisme. En réalité, elles sont moins de deux pour cent à éviter la viande, le poisson et la volaille.

«En ce qui concerne le fer dans l’alimentation, on pourrait considérer cela comme une bonne nouvelle», affirme Mme Pasut. «Les végétariens doivent ingérer près de deux fois plus de fer que les consommateurs de viande pour compenser le manque de fer hémique dans leur alimentation.» Même si le sondage portait sur les adolescentes, on ne doit pas oublier que les femmes adultes et les nourrissons aussi sont sujets aux carences en fer. Un bébé de neuf mois a besoin de plus de fer qu’un homme adulte et une femme en préménopause présente les besoins les plus élevés de tous.

Après avoir constaté que les médecins et diététiciens craignent que l’alimentation de leurs patients soit carencée en fer, le Centre d’information sur le bœuf a préparé une série de nouveaux dépliants d’information destinés aux consommateurs. Les trois dépliants sur le fer –un pour les nourrissons, un pour les adolescentes et un pour les femmes – ont été rédigés et approuvés par des professionnels de la santé, experts dans le domaine.

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