04/17/2001

La diète d’un canadien sur deux est incomplète selon un récent rapport sur la nutrition

Les Canadiens ont besoin de manger davantage de certains aliments et moins de certains autres révèle un rapport, qui vient de paraître, sur la nutrition intitulé Habitudes alimentaires des Canadiens; transformations en matière de nutrition.

Le rapport de cette étude entreprise à l’échelle nationale révèle que la moitié des adolescentes et plus du quart de la population adulte au Canada ne consomment pas certains aliments en quantité suffisante. Il faut changer nos priorités alimentaires – et cibler d’autres points que l’apport en gras.

« Au cours des 30 dernières années toute l’attention a été portée sur l’urgence de diminuer l’apport en gras », déclarait Laura Pasut, diététiste et auteure du rapport. « Maintenant que l’apport en gras correspond en moyenne à 30 pour cent de la valeur énergétique totale consommée, tel qu’il est recommandé, il faut mettre l’accent sur le fait que les gens ne mangent pas certains aliments en quantité suffisante. »

Si l’on se réfère aux recommandations du Guide alimentaire canadien pour manger sainement, le rapport révèle que:
·près de la moitié des femmes et 60 pour cent des jeunes filles ne mangent pas les portions recommandées de viande ou de ses substituts;
·plus de la moitié des femmes et plus de la moitié des hommes ne consomment pas suffisamment de produits laitiers;
·la consommation de légumes et de fruits n’est pas suffisante dans les diètes de la moitié de la population adolescente (garçons/filles), et adulte (hommes/femmes)
·plus de 40 pour cent des jeunes filles et 30 pour cent des jeunes hommes ne consomment pas les portions recommandées par jour de produits céréaliers.

Les Canadiens ne mangent pas suffisamment chacun des quatre groupes d’aliments essentiels, par contre, ils mangent trop d’aliments qui ne sont pas essentiels. Un tiers des calories et des gras proviennent du groupe d’aliments appelés « autres » qui englobent les boissons gazeuses, les bonbons, les chocolats et les friandises.

Madame Pasut, présidente de Nutridata Consulting, une firme spécialisée en recherche et programmes éducatifs sur la nutrition, consultante auprès des gouvernements et de l’industrie, est d’avis qu’un tel déséquilibre diététique risque d’entraîner des déficiences nutritives surtout en calcium, en acide folique, en fer et en zinc.

Le rapport, qui comporte un tableau de l’apport nutritionnel quotidien selon un sondage entrepris par les chercheurs de l’université McGill dans tout le pays, comparé à l’apport quotidien recommandé, démontre que la diète de plusieurs jeunes filles et femmes est faible en calcium et en fer. On trouve ces nutriments dans les groupes d’aliments essentiels qui ne sont pas consommés en quantité suffisante : les produits laitiers et la viande.

Les jeunes hommes et les hommes présentent un grand risque d’insuffisance en acide folique, un nutriment qu’on retrouve dans les légumes verts. Certains hommes ont également un apport faible en zinc, un nutriment qu’on retrouve dans la viande.

En résumé, le rapport révèle que la consommation énergétique totale est moins élevée qu’il y a 30 ans, que de nombreuses diètes sont trop faibles en certains nutriments et que l’obésité est en hausse au Canada.

« L’obésité peut aussi bien provenir d’un manque d’exercice que de la suralimentation, expliquait Pasut. Quand les professionnels de la santé recommandent à des individus de manger moins de calories ou moins de gras, ils devraient donner des conseils précis. C’est « l’extra » qu’il faut couper, c’est à dire le groupe des « autres aliments » que les gens mangent en trop grande quantité. Les gens ne devraient pas réduire l’apport des groupes d’aliments essentiels comme la viande, le lait, les fruits et les légumes. La récente recherche nationale révèle que, dans de nombreux cas, il serait préférable d’augmenter la consommation de ces groupes d’aliments essentiels. »

Le rapport « Habitudes alimentaires des Canadiens; transformations en matière de nutrition » est envoyé aux diététistes et aux enseignants en santé dans le but de stimuler la réflexion et les discussions sur la façon d’établir de nouvelles priorités alimentaires. La publication du rapport est soutenue par le Fonds de développement de l’industrie du bœuf, une initiative conjointe réunissant le gouvernement et l’industrie. Les données citées dans le rapport proviennent de recherches indépendantes entreprises récemment dans différentes universités à travers le Canada.

Les professionnels de la santé, les enseignants en diététique du dernier cycle secondaire, des collèges et des universités peuvent obtenir une copie électronique de ce rapport en en faisant la demande : [email protected]