12/16/2004

Découverte d'un bon gras trans

On connaît déjà l’existence du bon et du mauvais cholestérol, mais les chercheurs ont aussi découvert plusieurs bénéfices potentiels pour la santé provenant d’un gras trans d’origine naturelle trouvé dans certaines viandes rouges et produits laitiers. L’ALC aussi connu sous le nom d’acide linoléique conjugué, attire l’attention par sa capacité à arrêter la croissance des tumeurs cancéreuses, à renforcer les os, à réduire le gras corporel et à augmenter la masse musculaire.

Découvert en 1987 en tant qu’agent anticarcinogène dans les galettes de boeuf, l’ALC a ouvert la porte à de nombreuses recherches.

«L’ALC est formé naturellement dans l’intestin des ruminants, tels que les bovins et les moutons,» explique Catherine Field, Ph.D., Professeur de nutrition à l’Université d’Alberta. « Durant la digestion, des microorganismes convertissent l’acide linoléique, un acide gras trouvé communément dans l’alimentation de ces animaux en ALC. La structure de ce gras trans bénéfique est très différente de la structure des autres gras trans qui sont produits au cours de l’hydrogénation des huiles végétales.

Depuis longtemps, nous savions que le métabolisme de l’ALC chez les humains est différent de celui des autres gras trans. Voilà pourquoi, Santé Canada n’exige pas l’inclusion de l’ALC dans le Tableau de la valeur nutritive lorsque les compagnies alimentaires établissent la liste des gras trans. Mme Field, qui effectue des recherches en laboratoire sur l’ALC depuis plus de cinq ans, rapporte qu’actuellement, le bénéfice le plus important de l’ALC est remarqué chez des modèles de cancer. «L’ALC diminue de façon importante la vitesse de croissance des cellules cancéreuses dans les cas de cancer du sein chez les animaux. Il supprime également en laboratoire. la croissance des cellules cancéreuses chez l’humain, y compris les cellules cancéreuses, du sein, de la peau et de la prostate.»

Bien que des tests sur les humains devraient être effectués pour vérifier ces résultats, Mme Field explique que des questions d’éthique empêchent ces expériences puisqu’on devrait différer les traitements conventionnels de personnes atteintes de cancer. «Présentement nous ignorons comment l’ALC empêche la croissance des tumeurs,» souligne Mme Field. «Toutefois, l’observation des modèles chez les animaux suggère que la consommation d’aliments riches en ALC à partir du moment où les glandes mammaires commencent à se développer à l’adolescence, pourrait augmenter la résistance aux tumeurs mammaires plus tard dans la vie.»

En plus de la recherche sur le cancer, on observe de plus en plus d’évidence sur des modèles animaux, des bénéfices potentiels de l’ALC pour le diabète, l’obésité, le système immunitaire et le développement musculosquelettique. Ces bénéfices poussent les chercheurs en alimentation à rechercher des moyens naturels pour augmenter le contenu en ALC des aliments.

«Le boeuf peut fournir une quantité élevée d’ALC par portion,» selon Priya Mir, Ph.D. une physiologiste en nutrition travaillant pour Agriculture et Agroalimentaire Canada à Lethbridge en Alberta. «les produits laitiers sont également de bonnes sources.» La recherche de Mme Myr démontre qu’en modifiant le régime des bovins, le contenu en ALC du boeuf peut être augmenté de façon significative. «Les graines de tournesol contiennent le bon acide gras et le pâturage ou le foin et les grains, tels que l’orge fournissent l’énergie et les fibres. Avec la présence de tous ces éléments alimentaires, les bactéries présentes normalement dans l’intestin de la vache convertissent davantage d’acide linoléique en ALC,» rapporte Mme Myr. Elle a aussi trouvé que l’ajout d’ensilage au régime des bovins empêche la conversion de se produire.

Cette nouvelle information au sujet de l’ALC modifie la façon dont les diététistes comme Mme Field conseillent leurs clients. Mme Field nous confie que «depuis les 20 dernières années, les gens ont développé la phobie des gras. Plusieurs ont évité certains aliments. Afin de diminuer leur apport calorique, les Canadiens devraient couper les calories qui proviennent des aliments considérés des extras, comme les frites, les croustilles et autres grignotines et les boissons gazeuses. Toutefois, ils ne devraient pas éviter tous les gras. Les aliments comme la viande et les produits laitiers, contiennent des gras bénéfiques tel que l’ALC.»

Mme Field tient à rappeler aux consommateurs que la viande contient d’autres nutriments essentiels comme le fer, le zinc, la vitamine B12 et des protéines complètes. «Il est difficile d’obtenir une quantité adéquate de ces nutriments en consommant un régime qui ne contient pas de viande,» souligne Mme Field.

Les recherches sur l’ALC s’accélèrent. Il est nécessaire d’avoir plus de science afin de définir quelle quantité d’ALC est requise pour produire un effet bénéfique sur la santé et connaître sa façon d’agir dans le corps humain.

Conseils pour augmenter votre apport en ALC

  • Ajoutez de boeuf haché à vos sauces pour pâtes et chilis
  • Garnissez vos salades de fromage ou de lanières de boeuf cuit
  • Ajoutez du lait à vos soupes
  • Prenez du yogourt ou du fromage comme collation
  • Préparez un sauté de boeuf et de légumes

Télécharger un feuillet intitulé «L’acide linoléique conjugué et le cancer».
La recette utilisée pour ce communiqué Sauce à la viande toute simple incorpore du boeuf haché à la sauce pour pâtes.